Amine Diouri : « Je n’ai pas de doute sur la contribution positive de la loi sur la baisse des délais de paiement moyens »
À l’occasion de la rentrée économique, les dirigeants d’entreprises marocaines font face à des défis majeurs. Amine Diouri, expert de la donnée sur les personnes morales, décrypte la situation actuelle du tissu productif, le rôle stratégique de la data et l’impact de la nouvelle législation sur les délais de paiement.
Inforisk : la data au service de la décision et de la gestion des risques
Spécialiste de la donnée sur les entreprises, Inforisk a constitué une base de données unique couvrant l’intégralité des sociétés marocaines. Grâce aux technologies de Machine Learning et d’Intelligence Artificielle, le cabinet transforme cette donnée brute en outils d’aide à la décision. Ses missions s’articulent autour de trois axes :
- Accompagnement à l’international : Grâce au réseau mondial Dun & Bradstreet, Inforisk offre aux entreprises marocaines un accès à plus de 600 millions de sociétés à travers le monde.
- Gestion du risque de contrepartie : Aider les entreprises à évaluer la santé de leurs clients et fournisseurs pour éviter les défaillances en chaîne.
- Études microéconomiques : Produire des indicateurs précis sur les défaillances, les délais de paiement et l’environnement des affaires, notamment en collaboration avec la CGEM au sein de l’Observatoire des Délais de Paiement.
La TPE : le maillon faible du tissu économique
L’analyse d’Inforisk met en lumière la fragilité des Très Petites Entreprises (TPE), qui constituent plus de 91 % du tissu économique national. Ces structures subissent une double pression :
- Conjoncturelle : Les chocs successifs de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine ont engendré une inflation galopante.
- Structurelle : Les délais de paiement excessifs et les difficultés d’accès aux marchés publics (malgré les quotas) pèsent lourdement sur leur viabilité.
En conséquence, les TPE sont les premières victimes des défaillances, avec un taux de mortalité dont la croissance annuelle est cinq fois supérieure à celle du PIB.
Délais de paiement : le tournant de la loi 69-21
Pour Amine Diouri, la loi 69-21 constitue une réponse concrète et nécessaire à une situation critique. Avant son entrée en vigueur, la moyenne des délais de paiement stagnait autour de 200 jours. Les législations précédentes, faute de caractère coercitif, n’avaient pas permis d’inverser la tendance, contribuant ainsi à la fragilisation des TPME.
« Nous avons malheureusement trop attendu pour sortir une loi coercitive et applicable aux entreprises. » — Amine Diouri
Malgré quelques limites initiales — notamment la non-prise en compte du « stock » de factures émises avant le 1er juillet 2023 — la nouvelle loi instaure un cadre clair, régulé et transparent.
Premiers bilans et perspectives
Les premières remontées concernant les entreprises réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires sont encourageantes : la grande majorité d’entre elles respectent les nouvelles obligations déclaratives.
Toutefois, le véritable test de l’efficacité de la réforme interviendra début 2025. C’est à ce moment-là, après l’intégration des déclarations des entreprises de taille intermédiaire, que l’on pourra évaluer avec précision l’impact global de la loi sur la réduction des délais de paiement moyens au Maroc.

Source : Challenge
Entretien avec Amine Diouri, Directeur études et communication chez Inforisk
Propos recueillis par Adama Sylla
