Défaillances d’entreprises : Le « taux de remplacement » en recul
L’essentiel à retenir
- Pour chaque défaillance, il se crée à peine 3,1 nouvelles sociétés, contre 4,5 un an auparavant.
- Inforisk lance un nouvel indice mesurant la cadence des créations d’entreprises : l’indice de dynamisme entrepreneurial.
Le nombre de faillites, qui a atteint 15.658 à fin 2024, peut aussi s’apprécier à l’aune des créations d’entreprises. L’enjeu est de mesurer dans quelle proportion les secondes compensent les premières. C’est précisément l’objectif de l’indice de dynamisme entrepreneurial, publié pour la première fois par Inforisk.
Le principe est simple : comparer le rapport entre les créations de sociétés et le nombre de défaillances. À fin 2024, l’indice s’établit à 3,1, contre 4,5 l’année précédente, confirmant un recul du « taux de remplacement ».
Un pic l’année de l’après-Covid
L’année 2021 a connu une envolée des créations d’entreprises, avec 72.807 nouvelles structures. Mais ce niveau exceptionnel ne saurait constituer une référence durable. Les analystes d’Inforisk soulignent qu’entre 2020 et 2024, les créations d’entreprises (personnes morales) ont reculé de 11%, et même de 33% par rapport au pic observé en 2021.
La majorité préfère mettre la clé sous le paillasson
Dans le traitement des difficultés, les liquidations dominent nettement les redressements et les procédures de sauvegarde. Pourtant, le livre V du code de commerce prévoit des mécanismes permettant de tenter un rebond pour les entreprises en difficulté.
Amine Diouri :
« Il y a des facteurs que l’on ne maîtrise pas comme la conjoncture économique. L’arrivée de Donald Trump aux Etats-Unis va avoir un effet domino sur le commerce mondial avec le système de taxation des biens importés. En revanche, il y a des manettes que nous pouvons actionner pour traiter en amont les difficultés d’entreprises. »
L’indice de dynamisme entrepreneurial
Avec cette nouvelle étude, Inforisk introduit un indicateur complémentaire à celui des défaillances : l’indice de dynamisme entrepreneurial. Il permet de savoir si, sur une année, les créations de sociétés « couvrent » (ou non) les défaillances — et surtout d’en observer l’évolution dans le temps. Un enjeu central pour les investisseurs, en quête de signaux sur la vitalité du tissu entrepreneurial.
Date de publication : Lundi 27 Janvier 2025
Source : L’Economiste – Économie
Propos recueillis par Hassan EL ARIF

